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Transition énergétique : l’Europe peut-elle se passer des technologies chinoises ?

par Elisabeth Martens avec l'assistance de Chatgpt, le 6 septembre 2026

En voulant réduire sa dépendance envers les technologies chinoises, l’Union européenne cherche à renforcer son autonomie industrielle. Mais cette stratégie pose un problème : la Chine occupe aujourd’hui une place dominante dans plusieurs technologies indispensables à la transition énergétique, notamment le photovoltaïque et les batteries. Reconstruire rapidement ces chaînes de production en Europe pourrait donc augmenter les coûts de la transition. Entre indépendance stratégique, compétitivité industrielle et urgence climatique, l’Europe est confrontée à un difficile exercice d’équilibre.

 

Le Rapport © Xinhuanet
Le Rapport © Xinhuanet

 

Réduire la dépendance européenne envers la Chine

La question a été relancée fin août 2026 par Wopke Hoekstra, commissaire européen chargé du climat.

Dans un entretien accordé à Euronews, il a défendu l’idée que l’Europe devait accepter certains coûts supplémentaires à court terme afin de diminuer sa dépendance envers la Chine dans le domaine des technologies propres. Selon lui, attendre rendrait cette dépendance stratégique plus difficile et plus coûteuse à réduire.

Cette position traduit une évolution importante de la politique européenne.

Pendant longtemps, la priorité de l’Union européenne en matière de transition énergétique consistait essentiellement à développer rapidement les énergies renouvelables et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Désormais, une autre préoccupation occupe une place croissante : où sont fabriqués les panneaux solaires, les batteries, les éoliennes et les autres équipements nécessaires à cette transition ?

La guerre en Ukraine et la crise du gaz russe ont montré les risques associés à une dépendance énergétique excessive envers un fournisseur extérieur. L'Union européenne veut éviter de remplacer une dépendance aux hydrocarbures russes par une nouvelle dépendance envers les technologies énergétiques chinoises.

Mais la comparaison a ses limites : contrairement au gaz, les panneaux solaires ou les batteries sont des équipements qui peuvent être stockés, diversifiés et dont les chaînes de production peuvent progressivement être déplacées.

La question est donc moins de savoir s'il faut diversifier que jusqu'où et à quel rythme le faire sans ralentir la transition énergétique.

Des véhicules à énergies nouvelles destinés à l’exportation à Jinhua, dans la province du Zhejiang (est), le 1er juin 2026. (HU XIAOFEI/CHINA DAILY)
Des véhicules à énergies nouvelles destinés à l’exportation à Jinhua, dans la province du Zhejiang (est), le 1er juin 2026. (HU XIAOFEI/CHINA DAILY)

La Chine au cœur de l'industrie mondiale des technologies propres

Le problème européen tient d'abord à l'ampleur prise par l'industrie chinoise.

En quelques décennies, la Chine a constitué des chaînes industrielles extrêmement intégrées dans le photovoltaïque, les batteries, les véhicules électriques et plusieurs autres technologies bas-carbone.

Les données de l'Agence internationale de l'énergie donnent une idée de cette concentration. En 2024, la Chine représentait environ 85 % des capacités de production de la chaîne photovoltaïque mondiale et 80 % de celles des batteries lithium-ion. Sa domination est encore plus importante à certaines étapes : environ 95 % pour les wafers photovoltaïques et 97 % pour les matériaux d'anode des batteries. (1)

Dans le photovoltaïque, cette concentration industrielle est particulièrement spectaculaire.

La Chine représentait environ 80 % de la capacité mondiale de fabrication des modules photovoltaïques en 2024 et environ 90 % pour le polysilicium et les wafers, matières et composants situés en amont de la fabrication des panneaux. (2)

L'Europe est donc confrontée à une réalité industrielle : elle peut installer massivement des panneaux photovoltaïques, mais elle ne maîtrise plus une grande partie de la chaîne permettant de les fabriquer.

 

Comment la Chine a-t-elle acquis une telle avance ?

Réduire cette domination chinoise à des salaires plus faibles serait très insuffisant.

L'Agence internationale de l'énergie attribue l'avantage industriel chinois à une combinaison de facteurs accumulés pendant plusieurs décennies : innovation, production à très grande échelle, efficacité industrielle, main-d'œuvre qualifiée, chaînes d'approvisionnement intégrées, accès aux matières premières et soutien politique et financier durable. (3)

L'effet d'échelle est fondamental.

Plus une industrie produit, plus elle peut automatiser ses chaînes, spécialiser ses fournisseurs, améliorer ses procédés et répartir ses investissements sur un nombre élevé de produits.

La Chine bénéficie également de la concentration géographique de ses chaînes industrielles : producteurs de matériaux, composants, machines, batteries ou cellules photovoltaïques peuvent appartenir à des écosystèmes industriels très intégrés.

Cette organisation a contribué à faire chuter considérablement le prix des technologies propres.

Entre 2023 et 2025 seulement, selon l'AIE, le prix des modules photovoltaïques a encore diminué d'environ 50 % et celui des batteries de 30 %. (4)

Cette baisse constitue évidemment un avantage considérable pour les pays qui veulent installer rapidement des capacités renouvelables. Mais elle rend simultanément très difficile l'émergence de fabricants concurrents.

centrale solaire photovoltaïque au Shandong
centrale solaire photovoltaïque au Shandong

L'Europe peut-elle reconstruire son industrie photovoltaïque ?

Techniquement, oui. Économiquement, l'opération est beaucoup plus compliquée.

L'Europe conserve des compétences technologiques importantes et possède encore certaines capacités industrielles. Mais elle est aujourd'hui très dépendante des importations pour plusieurs étapes de la chaîne photovoltaïque.

Bruegel estime par exemple qu'en 2022 plus de 96 % des importations européennes de panneaux photovoltaïques provenaient de Chine. (5)

La situation évolue, mais lentement. Selon le Clean Tech Tracker de Bruegel, l'Union européenne disposait en 2026 d'environ 3,4 GW de capacité de fabrication de cellules photovoltaïques, alors que sa capacité solaire installée atteignait déjà 304 GW en 2024. (6)

Reconstruire une chaîne industrielle complète demanderait donc des investissements considérables. Il faudrait produire ou sécuriser le polysilicium, fabriquer les lingots puis les wafers, produire les cellules photovoltaïques et enfin assembler les modules. Chacune de ces étapes possède ses propres contraintes industrielles.

 

Produire en Europe coûte plus cher

L'un des principaux obstacles est le coût de production.

Selon l'AIE, les différences de prix entre la Chine et l'Europe ne résultent pas d'un facteur unique.

Dans la fabrication des batteries, l'efficacité industrielle explique plus de 40 % de l'écart de coût entre la Chine et l'Europe.

Dans les étapes amont de fabrication photovoltaïque, particulièrement gourmandes en énergie, les différences de coûts de l'énergie et du travail expliquent environ 65 % de l'écart. Pour la fabrication des pales d'éoliennes, ces deux facteurs expliquent environ 75 % de la différence. (7)

L'énergie constitue ici un problème particulier.

Produire du polysilicium nécessite beaucoup d'électricité. Or l'industrie européenne souffre depuis plusieurs années de prix énergétiques élevés par rapport à certains de ses concurrents.

Relocaliser certaines industries énergivores tout en essayant simultanément de diminuer le prix de l'électricité constitue donc un exercice particulièrement difficile.

 

Le paradoxe européen

C'est ici qu'apparaît le paradoxe.

L'Europe veut atteindre simultanément trois objectifs :

décarboner rapidement son économie, disposer d'une énergie abordable et reconstruire une industrie européenne des technologies propres.

Ces trois objectifs ne sont pas incompatibles à long terme. Mais ils peuvent entrer en conflit à court terme.

Des panneaux solaires chinois très bon marché permettent d'installer rapidement davantage de capacités photovoltaïques. Limiter ces importations afin de favoriser une production européenne plus coûteuse peut, au moins temporairement, augmenter le coût des nouvelles installations.

Inversement, continuer à acheter presque exclusivement les équipements les moins chers disponibles sur le marché mondial peut accélérer la transition énergétique mais renforcer la concentration industrielle en Chine.

C'est donc un arbitrage entre coût immédiat et sécurité industrielle à long terme.

 

La dépendance envers la Chine est néanmoins réelle

Il serait cependant excessif de conclure que l'Europe devrait simplement accepter cette dépendance au nom de la baisse des prix.

La concentration actuelle des chaînes d'approvisionnement représente un véritable risque.

L'AIE estime que, pour chacune des principales chaînes de technologies propres qu'elle a étudiées, il existe au moins une étape pour laquelle moins du quart de la demande située hors de Chine pourrait être satisfaite par une production elle-même située hors de Chine. (8)

Autrement dit, si les exportations chinoises de certains composants étaient brutalement interrompues, les producteurs situés ailleurs dans le monde ne pourraient pas immédiatement prendre le relais.

L'AIE a même tenté de chiffrer les conséquences d'un tel scénario.

Chaque mois d'interruption des exportations chinoises liées à la chaîne des batteries entraînerait selon elle environ 17 milliards de dollars de pertes de production pour les usines automobiles situées hors de Chine. Plus de la moitié de ces pertes concernerait l'Union européenne. (9)

La volonté européenne de diversifier ses fournisseurs possède donc une justification économique réelle.

 

Mais indépendance ne signifie pas nécessairement autarcie

Entre dépendre presque entièrement d'un pays et vouloir tout fabriquer soi-même, il existe cependant de nombreuses stratégies intermédiaires.

L'Europe peut conserver certaines importations chinoises tout en développant des capacités nationales dans les composants jugés stratégiques.

Elle peut également diversifier ses fournisseurs.

L'Inde développe par exemple rapidement son industrie photovoltaïque. Selon les projections de l'AIE, sa part de la production mondiale de modules pourrait passer d'environ 4 % en 2024 à 10 % en 2030 et 12 % en 2035. (10)

D'autres pays développent également des capacités dans l'éolien, les batteries ou certains matériaux.

La diversification géographique peut donc réduire les risques sans nécessiter de rapatrier en Europe chaque étape de chaque chaîne industrielle.

 

La Chine contribue aussi à accélérer la transition énergétique mondiale

C'est l'autre face du problème.

L'immense capacité industrielle chinoise ne constitue pas seulement une dépendance : elle représente aussi l'un des moteurs de la baisse mondiale du coût des technologies bas-carbone.

La Chine ne se contente d'ailleurs pas de fabriquer ces technologies pour les exporter. Elle est également, de très loin, leur premier utilisateur. En 2025, elle a installé près de 370 GW de solaire photovoltaïque et 117 GW d'éolien. À elle seule, la Chine a représenté plus de 60 % de l'augmentation mondiale des capacités renouvelables cette année-là. (11)

Elle représentait également environ 60 % des nouvelles capacités mondiales de stockage par batteries installées en 2025. (12)

L'ampleur du marché intérieur chinois entretient donc les économies d'échelle de son industrie, qui contribuent à leur tour à faire diminuer les coûts.

Une ferme solaire à Guizhou, en Chine  (photo Xinhua 2023)
Une ferme solaire à Guizhou, en Chine (photo Xinhua 2023)

Une industrie chinoise qui connaît elle aussi des difficultés

La domination chinoise ne signifie cependant pas que toutes les entreprises du secteur réalisent d'importants bénéfices.

La surcapacité et la guerre des prix ont considérablement réduit les marges.

Selon l'AIE, les dix principaux fabricants photovoltaïques ont enregistré ensemble environ 4,5 milliards de dollars de pertes en 2024. Les fabricants chinois d'éoliennes subissent eux aussi une pression sur leurs bénéfices à cause de la baisse des prix. (13)

Les très faibles prix chinois résultent donc non seulement d'une industrie efficace et intégrée, mais également d'une concurrence intérieure extrêmement intense et, dans certains secteurs, d'une capacité de production supérieure à la demande.

Cela complique encore l'équation européenne : une nouvelle usine européenne doit non seulement rattraper plusieurs décennies d'accumulation industrielle, mais affronter des concurrents chinois qui se livrent eux-mêmes une guerre des prix.

 

Coopérer avec la Chine ou s'en détacher ?

Présenter le débat sous la forme d'un choix entre coopération totale et indépendance totale serait donc trompeur.

L'Europe possède de bonnes raisons de vouloir sécuriser certaines chaînes d'approvisionnement et conserver des compétences industrielles dans des secteurs qu'elle juge stratégiques.

Mais chercher à reproduire rapidement sur son territoire l'ensemble des chaînes chinoises pourrait coûter extrêmement cher et ralentir le déploiement de certaines technologies propres.

L'enjeu consiste probablement davantage à déterminer quelles dépendances sont réellement dangereuses et lesquelles peuvent être gérées par la diversification, les stocks, le recyclage, les partenariats industriels ou le commerce international.

Cette distinction est essentielle.

Un panneau photovoltaïque importé n'est pas comparable à une livraison quotidienne de gaz : une fois installé, il produit de l'électricité pendant des décennies sans nécessiter une alimentation permanente en combustible provenant du pays qui l'a fabriqué.

En revanche, l'absence de capacités industrielles dans des technologies devenues essentielles peut devenir problématique en cas de rupture prolongée des échanges.

 

Transition écologique et politique industrielle doivent avancer ensemble

Le débat européen ne devrait finalement pas opposer naïvement « produits chinois bon marché » et « autonomie européenne ».

La véritable question est plus complexe.

L'Europe doit accélérer sa transition énergétique, diminuer le coût de l'électricité, conserver une industrie compétitive et éviter que certaines chaînes d'approvisionnement essentielles ne deviennent excessivement vulnérables.

La Chine, de son côté, possède aujourd'hui un avantage industriel considérable construit au cours de plusieurs décennies. Il serait irréaliste d'imaginer que cet avantage puisse être reproduit en Europe en quelques années et sans coût.

Les projections de l'AIE montrent d'ailleurs qu'aucune transformation radicale de la géographie mondiale des chaînes de technologies propres n'est probable avant 2030, même en tenant compte des projets industriels déjà engagés. (14)

La question n'est donc probablement pas de savoir si l'Europe doit choisir entre la Chine ou l'indépendance, mais comment construire une relation dans laquelle la coopération commerciale avec la Chine reste compatible avec une diversification raisonnable des approvisionnements et le maintien de capacités industrielles européennes stratégiques.

Car vouloir décarboner rapidement sans tenir compte des coûts serait économiquement risqué ; mais rechercher les prix les plus bas sans tenir compte de la concentration des chaînes d'approvisionnement le serait tout autant.

La réussite de la transition énergétique européenne dépendra probablement de sa capacité à trouver un équilibre entre ces deux impératifs : bénéficier de l'efficacité des chaînes industrielles mondiales tout en évitant qu'efficacité ne devienne synonyme de dépendance.

 

 

Un parc éolien offshore en Chine © Xinhuanet
Un parc éolien offshore en Chine © Xinhuanet

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  4. La Chine, leader mondial des installations vertes en 2024 
  5. Comment les batteries low cost LFP séduisent de plus en plus les constructeurs européens 

Sources

  1. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/supply-chain-risks-and-industrial-competitiveness?utm_source=chatgpt.com
  2. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/energy-technology-manufacturing-and-trade?utm_source=chatgpt.com
  3. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/executive-summary?utm_source=chatgpt.com
  4. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/energy-technology-manufacturing-and-trade?utm_source=chatgpt.com
  5. https://www.bruegel.org/sites/default/files/private/2023-10/PB%2019%202023.pdf?utm_source=chatgpt.com
  6. https://european-clean-tech-tracker.bruegel.org/technology/solar/overview?utm_source=chatgpt.com
  7. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/executive-summary?language=fr&utm_source=chatgpt.com
  8. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/executive-summary?utm_source=chatgpt.com
  9. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/executive-summary?utm_source=chatgpt.com
  10. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/energy-technology-manufacturing-and-trade?utm_source=chatgpt.com
  11. https://www.iea.org/reports/global-energy-review-2026/technology-solar-pv-and-wind?utm_source=chatgpt.com
  12. https://www.iea.org/reports/global-energy-review-2026/technology-battery-storage?utm_source=chatgpt.com
  13. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/energy-technology-manufacturing-and-trade?utm_source=chatgpt.com
  14. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2026/executive-summary?utm_source=chatgpt.com

 

Article rédigé à partir des deux suivants:

https://www-globaltimes-cn.translate.goog/page/202609/1369578.shtml?_x_tr_sl=cs&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

https://www-chinasquare-be.translate.goog/de-europese-energietransitie-en-china/?_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp&_x_tr_sl=cs&_x_tr_tl=fr