Pékin franchit un cap historique dans sa lutte contre le smog
par Frank Willems pour Chinasquare.be, le 15 janvier 2026
Après plus d'une décennie d'efforts acharnés, la qualité de l'air à Pékin a atteint un seuil symbolique en 2025. Pour la première fois depuis le début des relevés en 2012, la concentration annuelle moyenne de particules fines (PM2,5) est descendue sous la barre des 30 microgrammes par mètre cube.

Des chiffres en chute libre
Le bilan de l'année 2025 marque un tournant radical pour la capitale, autrefois tristement célèbre pour son « Airpocalypse ».
- Niveau moyen de PM2,5 : 27 µg/m³ (contre 90 µg/m³ en 2013). À titre de comparaison, la norme européenne est fixée à 25 µg/m³.
- Jours de « grand air » : 348 jours de bonne qualité de l'air ont été enregistrés, soit près de cinq mois de répit supplémentaire par rapport à 2013.
- Pollution sévère : Un seul jour de pollution critique (> 150 µg/m³) a été recensé l'an dernier, contre 58 jours il y a douze ans.
« Les pics de pollution sévère ont quasiment disparu du paysage pékinois », se félicite Liu Baoxian, directeur adjoint du bureau municipal de l'environnement.
Les clés du succès : politique et météo
L'amélioration spectaculaire résulte d'une campagne de longue haleine ciblant les émissions des véhicules, la combustion du charbon, l'industrie et les poussières de chantier. Une coopération régionale renforcée entre Pékin, Tianjin et la province du Hebei a également été déterminante.
Selon He Kebin, de l'Académie chinoise d'ingénierie, les réductions d'émissions locales expliquent plus de la moitié de cette amélioration. Les efforts régionaux pèsent pour 30 à 40 %, tandis que des conditions météorologiques favorables en 2025 ont contribué à environ 30 % du résultat final.
La technologie au service de l'écologie
Pékin s'appuie désormais sur une artillerie technologique de pointe pour traquer la pollution :
- Intelligence Artificielle : Un système d'IA croise les observations satellites, les capteurs au sol et les données de consommation énergétique pour identifier les sources polluantes à l'heure près.
- Monitoring en temps réel : La surveillance vidéo des chantiers et le suivi dynamique des véhicules permettent des alertes précoces.
- Mobilité électrique : En cinq ans, la ville a doublé son réseau de recharge avec 479 000 bornes publiques et déployé 360 stations d'échange de batteries.
Le défi de demain
Malgré ces succès, la vigilance reste de mise. Si Pékin se rapproche des standards occidentaux, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise à terme un objectif de 5 µg/m³, un seuil que très peu de nations atteignent aujourd'hui. Les experts insistent sur la nécessité de poursuivre les réductions d'émissions et d'investir dans des technologies encore plus propres.
Source : China Daily
URL de l'article en neerlandais: https://www.chinasquare.be/luchtkwaliteit-in-beijing-fel-verbeterd-na-meer-dan-tien-jaar-inspanningen/























