« Sunqiao Shanghai », un projet écologique au cœur de la mégalopole

par Elisabeth Martens, le 29 novembre 2021

La population mondiale croît plus vite que jamais. En 2050, il y aura plus de 9 milliards d’êtres humains sur Terre, dont près de 80 % vivra en ville. Les zones urbaines vont continuer à se densifier et à s’étendre, grignotant toujours plus les terres agricoles.

 

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la production alimentaire devra augmenter de 70 % afin de nourrir toutes les bouches supplémentaires en 2050. Les citadins ont par ailleurs de plus en plus le souci en matière de consommation de produits locaux, frais et sains. Dans ce contexte global, le développement de l’agriculture urbaine – c’est-à-dire de surfaces cultivables, non conventionnelles, directement en ville – et notamment celui des fermes verticales prend tout son sens.

 

L’Asie, continent pionnier des fermes verticales

C’est en Asie - au Japon, à Taïwan, à Singapour… - que les premières fermes verticales au monde sont apparues dès 2010. « Si ces zones ont été pionnières en matière de fermes verticales, c’était par nécessité », explique Margaux Tiberghien. Ce sont des territoires isolés avec une très forte concentration urbaine, forcés d’importer énormément de denrées alimentaires ».

Singapour est un exemple frappant. Troisième pays le plus densément peuplé au monde, les terres agricoles y sont quasiment inexistantes. Dépendant à 90 % des importations alimentaires, la cité-état est avide de solutions lui permettant d’améliorer la productivité de son agriculture par unité de surface. Financée par un partenariat public-privé, la première ferme verticale commerciale de Singapour, Sky Farms possède aujourd’hui des centaines de tours hautes de 9 mètres capables de produire plus d’une tonne de légumes verts par jour.

 

La Chine voit grand

La Chine se tourne également vers les fermes verticales. Et elle voit grand. Elle prévoit tout simplement la création de la plus grande ferme verticale du monde à Shanghaï. La mégalopole de 24 millions d‘habitants commencera bientôt la construction de Sunqiao, un district de 100 ha, dédié à l’agriculture urbaine, qui comprendra une ferme verticale de 7 ha. L’enjeu n’est pas uniquement alimentaire, il est également pédagogique. Il s’agit de reconnecter les Shanghaiens avec la nature et de rapprocher les préoccupations agricoles des milieux urbains.

« Sunqiao présente un nouveau concept de vie citadine dans lequel la production de nourriture est devenue une des fonctions les plus importantes de la ville. Sunqiao ne répond pas uniquement à la demande shanghaienne de nourriture locale, il servira également à éduquer des générations d’enfants des villes sur la provenance de leurs aliments. », explique Margaux Tiberghien, senior analyst chez PwC.

Mais le projet « Sunqiao » à Shanghai est plus qu'une ferme urbaine et pédagogique. « Sunqiao Shanghai » est projet colossal qui vise à créer un espace où vivre et travailler tout en produisant des fruits, des légumes et des denrées alimentaires au cœur de la ville. Outre les 70.000 m² de fermes verticales, le projet inclut aussi 66.000 m² de logements, 13.000 m² de surfaces commerciales et 80.000m² d'espace public. « La Chine est le fer de lance de la relance écologique. Il serait pertinent que la France s'associe à elle pour créer, concevoir un pont écologique », conclut Sonia Bressler dans la revue « Dialogue France-Chine n°9 » consacrée aux techniques déployées par la Chine pour la protection de la biodiversité.

 

 

 

 

Sources:   https://www.pwc.fr/fr/decryptages/territoires/fermes-verticales-cle-de-autonomie-alimentaire.html https://www.academia.edu/62067369/Dialogue_n_9_Ensemble_prot%C3%A9geons_la_biodiversit%C3%A9?email_work_card=thumbnail