La Chine met au point un plastique à base de bambou

sur FaceBook, le 1 août 2026

Et si le bambou devenait une véritable alternative à certains plastiques issus du pétrole ? En octobre 2025, une équipe de l’Université forestière du Nord-Est, située à Harbin, a présenté un bioplastique fabriqué à partir de cellulose de bambou et restructuré à l’échelle moléculaire.

 

 



En laboratoire, ce matériau a atteint une résistance à la traction de 110 MPa, une stabilité thermique supérieure à 180 °C et des performances mécaniques comparables, voire supérieures sur certains critères, à celles de plusieurs plastiques commerciaux testés. Il peut également être moulé, injecté ou usiné pour former des objets en trois dimensions et des panneaux.

Mais le résultat le plus impressionnant concerne sa fin de vie. Lors de l’expérience publiée, de minces échantillons enfouis à six centimètres de profondeur dans un sol naturel, à 25 °C, se sont entièrement désintégrés en 50 jours. Après un cycle de recyclage en boucle fermée, le matériau conservait par ailleurs environ 90 % de sa résistance initiale.

Une précision essentielle : cela ne signifie pas que n’importe quel objet fabriqué avec ce bioplastique disparaîtrait en 50 jours dans tous les environnements. Le résultat a été obtenu dans des conditions précises, sur de petits échantillons, avec un suivi reposant principalement sur leur transformation visible. Son comportement dans l’océan, une décharge ou un compost, ainsi que sa biodégradation complète à grande échelle, devront encore être étudiés.

Les durées souvent avancées pour les sacs, les bouteilles ou les fils de pêche ne sont d’ailleurs que des estimations : elles varient fortement selon le matériau, son épaisseur, la température, la lumière et le milieu. Beaucoup de plastiques ne disparaissent pas réellement, mais se fragmentent progressivement en microplastiques.

L’enjeu reste immense : l’humanité produit plus de 430 millions de tonnes de plastique par an, dont environ les deux tiers correspondent à des produits à courte durée de vie qui deviennent rapidement des déchets.

Cette innovation n’est donc pas encore une solution miracle ni un produit déjà fabriqué massivement. Il reste à confirmer sa durabilité en conditions réelles, la récupération des solvants utilisés, sa sécurité, son bilan environnemental complet et la faisabilité d’une production industrielle.

Mais elle ouvre une piste particulièrement prometteuse : transformer une ressource végétale renouvelable et non alimentaire en un matériau solide, recyclable et potentiellement bien moins persistant dans l’environnement.

Une avancée à suivre de très près.

 

Sources : Nature Communications, Programme des Nations unies pour l’environnement, NOAA.

 

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